Labé, 18 avr. (AGP)- La commune urbaine de Labé est confrontée depuis de longues dates à des difficultés dans la gestion des déchets produits par sa population.
Pour tenter d’y remédier, une décharge a été aménagée à Haggo M’Bouro, une zone située entre plusieurs quartiers du centre-ville.
Mais sur place, le constat est préoccupant. La décharge est devenue un moyen de subsistance pour de nombreuses personnes désœuvrées, dont des enfants vulnérables
Parmi eux, Mamadou Dian Diallo, élève en classe de CM1, passe une grande partie de ses journées à aider au déchargement des ordures transportées par des tricycles. « Je viens ici attendre les motos qui apportent les déchets. Je les aide à décharger pour 5 000 francs guinéens par rotation », explique-t-il.
Selon lui, l’activité dépend de l’affluence : « Si les motos viennent, on travaille. Sinon, certains ramassent des objets à revendre pour trouver de quoi manger ».
« Nous avons peur de tomber malade, mais nous n’avons pas le choix »
Originaire de Koubia, le jeune garçon affirme que ces revenus contribuent au financement de sa scolarité. « Je poursuis mes études ici depuis deux ans. Ce que je gagne aide ma mère à payer mes études. Quand je n’ai pas cours, je viens travailler ici », dit-il, tout en reconnaissant les risques sanitaires. « J’ai peur de tomber malade, mais je n’ai pas le choix. Mon père est décédé et mon oncle est resté au village. »
Comme lui, de nombreuses personnes, de tous âges et de tous sexes, fréquentent quotidiennement la décharge, qui ne cesse de s’étendre. Son expansion progressive perturbe également l’écoulement d’un cours d’eau voisin, déjà fortement affecté.
Cette situation met en lumière les défis persistants liés à la gestion des déchets, mais aussi les réalités socio-économiques qui poussent les plus vulnérables à dépendre de telles activités pour survivre.
AGP/18/04/026 SD/CM/AND




