Au moins 750 élèves et enseignants sont tombés malades sur l’île de Java en Indonésie après avoir consommé un repas scolaire gratuit, a annoncé jeudi la principale de l’établissement, quelques jours après un cas similaire d’intoxication alimentaire qui a conduit des centaines d’élèves à l’hôpital.
Les élèves sont les bénéficiaires du programme de distribution de repas gratuits, mesure phare du président Indonésien Prabowo Subianto, qui a été lancé en janvier 2025. Ce programme a fait l’objet de nombreuses critiques pour son coût et les cas d’intoxication alimentaire qui se sont multipliés sur fond d’allégations de corruption.
Au moins 725 élèves et 25 enseignants ont présenté des symptômes jeudi matin à Rembang, sur l’île de Java, après avoir consommé le repas gratuit mercredi.
« Ils avaient la diarrhée, ils vomissaient, et avaient la nausée. Il y avait une file d’attente aux sanitaires, car deux de nos toilettes sont en rénovation », a déclaré à la presse la principale de l’établissement, Juhartutik, qui comme beaucoup d’Indonésiens n’a qu’un seul nom.
Le personnel de cuisine a indiqué que les repas avaient été préparés à 03H00 et servis à midi, a-t-elle ajouté.
Selon un médecin d’une clinique locale, Joko Paryanto, 18 élèves et enseignants ont été admis pour recevoir des soins, et trois d’entre eux sont toujours hospitalisés.
Ce nouvel incident a eu lieu quelques jours après l’hospitalisation de plus de 500 élèves de Sidoarjo, à Java Est, qui avaient consommé un repas gratuit mardi.
L’agence nationale de nutrition, organisme gouvernemental chargé de la distribution des repas gratuits, a indiqué mercredi qu’au moins 80 élèves étaient toujours hospitalisés.
Le programme a été entaché depuis ses débuts par des cas d’intoxication alimentaire massifs et des accusations de corruption.
« C’est déja devenu une alerte nationale. Des dizaines de milliers de personnes sont tombées malades, victimes du programme de repas gratuit depuis sa mise en oeuvre, et chaque mois de nouvelles victimes apparaissent », a déclaré jeudi Ubaid Matraji, chercheur au Réseau indonésien de surveillance de l’Education.
« Le gouvernement ne peut pas continuer à les traiter comme de simples statistiques. Derrière chaque chiffre, il y a un enfant malade, une famille paniquée, et l’échec de l’Etat à garantir une alimentation sûre », a-t-il ajouté.
Le programme a pour ambition de fournir des repas gratuits à au moins 82,9 millions de personnes, enfants, femmes enceintes et mères allaitantes, soit près d’un tiers de la population.
Mais c’est l’un des premiers postes budgétaires à avoir été amputé au moment où le pays cherchait à amortir l’impact économique de la guerre au Moyen-Orient.
AFP




