Six imams ont été enlevés par des hommes armés dans l’Etat de Zamfara, dans le nord du Nigeria, a déclaré dimanche la police de cet Etat en proie depuis des années à la violence des gangs qui procèdent à des enlèvements contre rançons.
Les enlèvements sont devenus une source majeure de revenus pour les groupes armés au Nigeria, qu’il s’agisse de jihadistes présents principalement dans le nord-est ou de gangs criminels surnommés localement « bandits », actifs dans le nord-ouest et le centre du pays.
Samedi, « un groupe de bandits armés, qui aurait été en possession d’armes sophistiquées, a tendu une embuscade » et « intercepté un véhicule transportant les victimes », a expliqué la police de Zamfara dans un communiqué dimanche.
« Les six victimes, toutes identifiées comme des imams, se rendaient apparemment à Talata Mafara lorsqu’elles ont été interceptées et enlevées par les assaillants armés », a-t-elle précisé.
Selon les médias locaux, ces imams avaient été invités par le sénateur Abdul’aziz Abubakar Yari, ancien gouverneur de Zamfara, qui organisait dans sa résidence de Talata Mafara un rassemblement religieux visant à prier pour la réélection du président Bola Tinubu qui briguera un deuxième mandat en janvier.
« Les équipes de sécurité ont lancé une opération de recherche intensive, passant au peigne fin les environs afin de localiser et de secourir les victimes, ainsi que d’appréhender les auteurs », a également déclaré la police.
Le montant des rançons versées après des kidnappings au Nigeria s’est élevé à près de 6 millions de dollars (5,1 millions d’euros) au cours de l’année écoulée, selon un rapport du cabinet de conseil nigérian SBM Intelligence publié en août.
L’insécurité qui gangrène le pays le plus peuplé d’Afrique domine, avec l’économie, la campagne électorale qui aurait commencé en août.
AFP




