Kindia, 16 sept (AGP)-La Direction préfectorale de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Kindia, a présenté le bilan de ses interventions réalisées de janvier à septembre 2026, avec plusieurs cas de violences, de protection de l’enfant et de situations sociales pris en charge en collaboration avec les services judiciaires, sanitaires, sécuritaires et les organisations de protection.
Dans un entretien accordé à la presse, le directeur préfectoral de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Kindia, Fodé Sayon Camara, a expliqué que son service travaille en synergie avec plusieurs acteurs, notamment le parquet, la Maison centrale, l’hôpital régional, l’OPROGEM, la gendarmerie territoriale, la brigade de recherche, les structures communautaires et les ONG.
Parmi les actions menées figure le suivi de la situation des enfants et des femmes détenues à la Maison centrale de Kindia. Selon le directeur, 9 mineurs, dont une fille âgée de 15 à 17 ans, ainsi que 11 femmes âgées de 25 à 45 ans, avaient été identifiés lors du suivi effectué avec l’appui du procureur.
À ce jour, les neuf mineurs concernés ont été libérés à la suite des démarches et plaidoyers engagés auprès des autorités judiciaires, a précisé Fodé Sayon Camara.
Sur le volet des violences basées sur le genre, la Direction préfectorale fait état de 52 cas de viol, concernant des victimes dont l’âge variait de 3 à 20 ans et plus. Parmi les situations rapportées figure notamment un cas survenu à Bangouya, où une jeune fille aurait été violée puis tuée.
Le directeur a salué la collaboration avec l’hôpital régional de Kindia, où sont pris en charge les cas nécessitant des soins, ainsi qu’avec les services judiciaires et sécuritaires chargés du traitement des dossiers.
Il a également cité deux cas de viol enregistrés au mois d’août dans la localité de Koliagbé, relevant de la commune rurale de Friguiagbé. Selon lui, l’alerte donnée par la communauté, à travers les mécanismes locaux de protection de l’enfant, a permis le déclenchement rapide de la procédure et l’arrestation des présumés auteurs, actuellement détenus à la Maison centrale de Kindia.
La Direction a également pris en charge 23 cas de violences conjugales, concernant des personnes âgées de 18 à 49 ans, principalement dans la commune urbaine de Kindia et à Bangouya.
Fodé Sayon Camara, a souligné que ces situations ne concernent pas exclusivement les femmes, certains hommes ayant également saisi les services compétents pour dénoncer des violences au sein de leur couple.
Selon la nature des faits, les dossiers sont orientés vers les structures appropriées. Les cas de violences physiques nécessitant des soins sont référés à l’hôpital régional, tandis que certaines situations de violences psychologiques ou de conflits conjugaux peuvent faire l’objet d’une médiation et d’un accompagnement psychosocial.
Le directeur a également fait état d’un cas d’agression sexuelle concernant une femme âgée de 45 ans, enregistré à Tabili, dans la préfecture de Kindia.
La lutte contre le mariage d’enfants constitue également un volet important des interventions. Quatorze cas, (14) concernant des filles âgées de 13 à 17 ans, ont été signalés et empêchés au cours de la période.
Le responsable préfectoral a rappelé que la législation guinéenne fixe à 18 ans l’âge de l’enfant et interdit le mariage d’enfants. Dans l’un des cas cités, les parents d’une jeune fille scolarisée ont pris un engagement écrit de ne pas la donner en mariage avant l’âge légal.
La Direction a par ailleurs pris en charge six cas de grossesses précoces, concernant des adolescentes âgées de 14 à 17 ans. Ces jeunes filles font l’objet d’un suivi, notamment en lien avec l’hôpital régional de Kindia, afin de favoriser une prise en charge médicale appropriée.
Sur la question de la mobilité des enfants, 19 cas ont été enregistrés, dont 13 filles, âgées de 9 à 16 ans. Pour le directeur préfectoral, cette proportion doit interpeller les parents sur la nécessité de renforcer la surveillance et l’accompagnement des enfants, particulièrement des jeunes filles.
La Direction a également suivi un cas de meurtre impliquant un jeune détenu à la Maison centrale de Kindia, dans une affaire survenue à Cacia 2 à la suite d’une rencontre de football.
Selon Fodé Sayon Camara, le suivi social du dossier a notamment permis d’accompagner le jeune détenu dans le cadre de la procédure judiciaire. Condamné à une peine de plusieurs années, celui-ci aurait déjà purgé une partie importante de sa peine.
Un cas d’abandon d’enfant a également été pris en charge. Après son abandon par sa mère à la suite de l’accouchement, l’enfant a été placé dans une famille d’accueil avec l’accompagnement des services compétents et de leurs partenaires.
Enfin, la Direction préfectorale de la Femme indique avoir empêché deux cas de mutilations génitales féminines dans le quartier Abattoir, avec l’appui du club des jeunes filles.
Pour Fodé Sayon Camara, l’ensemble de ces résultats illustre l’importance de la collaboration entre les services publics, les communautés, les structures de protection de l’enfant, les forces de sécurité, la justice, les établissements sanitaires et les organisations partenaires.
Il a surtout appelé les familles et les communautés à renforcer la vigilance et à signaler rapidement les situations susceptibles de porter atteinte aux droits et à la protection des femmes et des enfants dans la préfecture de Kindia.
AGP/16/09/026 ST/MKC/AND




