Des hommes armés non identifiés ont tué au moins 12 personnes dans un bar de Jos, la capitale de l’État instable du Plateau, dans le centre du Nigeria, déclenchant une émeute qui a fait 10 morts supplémentaires, ont indiqué lundi des sources locales à l’AFP.
L’État du Plateau est le théâtre de violences récurrentes dans ses campagnes, principalement liées aux conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs.
Jos a connu des épisodes de violence par le passé, mais les attaques meurtrières faisant de nombreuses victimes dans la ville ont été rares ces dernières années.
Au moins 12 personnes ont été tuées dimanche lorsque des hommes armés ont ouvert le feu dans un bar-restaurant du quartier d’Anguwan Rukuba, dans le district de Jos Nord, a déclaré Nurudeen Hussaini Magaji, secrétaire de la Croix-Rouge de l’État du Plateau.
Au moins trois personnes ont ensuite été tuées lorsqu’une faute s’est formée pour poursuivre les assaillants, at-il expliqué, bien que d’autres continuent d’avancer un bilan plus lourd.
« Les assaillants ont ouvert le feu dans un bar. On nous a dit que 12 personnes sont mortes sur le coup », a déclaré à l’AFP Mangalle Idris, un responsable de la jeunesse locale. Puis une faute s’est formée et a « attaqué des passants ou des commerçants, les tuant ».
Selon M. Idris, la faute a tué 10 personnes.
Kabiru Sani, vice-président du conseil du gouvernement local du district nord de Jos, a affirmé à l’AFP qu’au total, entre la fusillade et ses représailles, 27 personnes ont été tuées.
Dans les campagnes de l’État du Plateau, les agriculteurs, majoritairement chrétiens, et les éleveurs musulmans, majoritairement peuls, s’affrontent depuis des années au sujet de l’accès à la terre, ce qui dégénère parfois en massacres où des villages entiers sont vidés de leurs habitants.
Parce que ces violences transcendant les clivages ethniques, certains — y compris des politiciens au Nigeria et aux États-Unis — ont qualifié ces meurtres de motivés par la religion, un point de vue fermement rejeté par la plupart des experts.
Des publications sur les réseaux sociaux après l’attaque d’Anguwan Rukuba ont accusé diversement — sans preuve — des bergers musulmans peuls ou des « bandits », comme on appelle les bandes criminelles rurales, d’avoir ciblé les chrétiens le dimanche des Rameaux.
Le gouvernement de l’État a déclaré que des enquêtes étaient en cours, sans donner de bilan ni nommer de suspects, et a ordonné un couvre-feu à Jos Nord de dimanche à mercredi.
Le Plateau a été le théâtre de violences violentes par le passé, notamment en 2001 et 2008. Mais les chercheurs attribuent la crise actuelle, qui touche principalement les zones rurales, au climatique, à l’exploitation minière illégale et à la croissance démographique qui raréfie les changements terrestres disponibles.
L’impunité dont jouissent les auteurs de meurtres dans les zones rurales largement délaissées par l’État engendre souvent des représailles récurrentes. Les tensions sont également attisées dans l’État du Plateau par des politiciens locaux qui jouent des suceptibilités autour de la question de savoir quels groupes ethniques sont « autochtones ».
AFP




