Beyla, 28 fév (AGP)-Invoquant une recrudescence des conflits agro-pastoraux, le préfet de Beyla, le colonel Idrissa Camara, a ordonné le départ immédiat et sans condition de tous les éleveurs maliens présents sur son territoire. Cette décision de fermeté, qui mobilise l’appareil sécuritaire préfectoral, marque un tournant dans la gestion de la transhumance frontalière.
Un ultimatum sécuritaire et administratif
En pleine tournée de prise de contact, le colonel Idrissa Camara a durci le ton. Face aux populations locales, le premier magistrat de la préfecture a fait de l’expulsion des bergers étrangers une priorité de son agenda sécuritaire. L’ultimatum est clair : tout éleveur d’origine malienne doit évacuer le territoire de Beyla sous peine de sanctions exemplaires.
Cette mesure cible particulièrement les zones de Karala (districts de Sèssè et Kobala) et de Sokourala, épicentres de tensions récurrentes. « Tous les animaux, particulièrement les zébus maliens, doivent quitter le sol guinéen », a martelé le préfet, précisant que la Direction préfectorale de l’agriculture et de l’élevage agira désormais de concert avec les Forces de défense et de sécurité (FDS).
La paix sociale au cœur des enjeux
Le préfet justifie cette décision radicale par l’impératif de sauvegarder la cohésion sociale. Selon les autorités locales, la présence massive de bétail étranger fragilise l’équilibre fragile entre les communautés :
Destruction de cultures : Source de heurts violents entre agriculteurs et éleveurs.
Érosion des liens fraternels : Rupture de la solidarité entre villages voisins.
Précédent de Nionsonmoridou : Le préfet a cité en exemple les récentes opérations de déguerpissement réussies dans cette localité comme modèle d’intervention.
Un saut dans l’inconnu logistique
Malgré la fermeté des annonces, une zone d’ombre subsiste. L’administration préfectorale n’a pas encore dévoilé de plan d’évacuation coordonné ni de couloirs de passage sécurisés vers la frontière malienne. Dans cette région où la transhumance est une pratique séculaire, l’application de cette mesure « sans délai » soulève des questions sur les risques de tensions humanitaires et diplomatiques entre Conakry et Bamako.
Affaire à suivre.
AGP/28/02/026 AB/MKC/FM




