Kankan, 27 janv(AGp)- Depuis le mois de novembre dernier la savane guinéenne est plongée dans l’harmattan, une période de vent sec pendant laquelle aucun citoyen ne s’attend à une goutte de pluie.
Mais la semaine dernière, la pluie s’était abattue sur certaines localités de la région. Un phénomène étrange qui atteste de la montée en puissance du changement climatique dans la région selon les spécialistes notamment les environnementalistes et les météorologues. Notre correspondant régional, a rencontré ces spécialistes de la nature.
Après Nzérékoré la capitale forestière, c’est la savane Guinéenne qui a enregistré une certaine quantité de pluie notamment dans les préfectures de Kérouané, Mandiana et Kankan dans la nuit du mardi au mercredi 25 janvier 2023.
Kouloubo Zomo Béavogui, chef de station météo de Kankan, explique les raisons de la tombée prématurée de cette pluie : « Les deux derniers jours la direction du vent est beaucoup plus au sud, sud-ouest, sud-ouest-ouest que les jours passés donc le vent venant de Nzérékoré vers nous, avec le transport de ces masses nuageuses vers notre région, les conditions étant réunies c’est pourquoi on enregistre souvent les quantités de pluie, sinon maintenant là, nous sommes dans la période de l’harmattan, le vent vient généralement de l’Est, nord-est mais avec ce changement c’est pourquoi on enregistre présentement des quantités de pluie. Ça peut se passer soit pendant le mois de février, au mois de mars à cause de ça, Kankan enregistre maintenant là une quantité, sinon si le vent vient du Mali c’est un vent qui est sec donc il n’y a pas forcément de possibilité d’avoir une quantité de pluie » a-t-il expliqué.
Environnementaliste à la retraite, Dr Thierno Amadou Baïlo Camara apporte des précisions à ce phénomène qui selon lui est dû à la croisade d’air qui entraîne la pluie : « Les exploitations au niveau des zones minières qui ne sont pas reboisées favorisent la sécheresse donc une zone sèche jusqu’au niveau de la République du Mali ça ce sont des zones sèches qui envoient et nous avons une forêt qui plus ou moins est maintenue. Si nous prenons de Kérouané nous rentrons au Libéria ou en Sierra-Léone jusqu’au dans le mont Nimba ça ce sont des zones fraiches qui ont besoin généralement d’être à un certain temps réchauffées donc ces zones aussi sous l’effet de la chaleur remontent leur humidité vers la Haute-Guinée donc il y a une rencontre d’air et puisqu’on ne peut pas éviter il faut qu’il y ait des précipitations » a-t-il ajouté.
Faisant allusion aux années antérieures, Thierno Amadou Baïlo Camara estime que ce phénomène est naturel et n’est nullement surprenant, car il y a toujours des pluies pendant les trois premiers mois de l’année : « Ce n’est pas fortuit, c’est pas nouveau c’est une observation comme je vous avais dit avant aujourd’hui qu’il aurait pluie en fin janvier début février et il va pleuvoir aussi en fin mars, c’est-à-dire la précipitation n’est pas fortuite c’est un changement climatique qui arrange le pays » a-t-il dit.
Quant à la quantité des gouttes de pluie tombée ce jour, le chef de station météo de Kankan, Kouloubo Zomo Béavogui donne les statistiques : « A Kankan, la pluie a commencé à partir de 2h14min jusqu’à 9h 10min donc la quantité totale recueillie est de 9,1 mm, à Mandiana c’est 4mm, à Kouroussa 0,8mm pour les deux autres préfectures Siguiri et Kérouané je n’ai pas pu les joindre pour avoir la quantité de pluie » a-t-il souligné
De son côté, Thierno Amadou Baïlo Camara ajoute : « Il y a des précipitations à des moments auxquels nous n’attendons pas mais le réglage qui est là les précipitations pendant les moments attendus, dès que la chaleur pèse plus à Mandiana l(humidité pèse plus à Kankan le vent réunira les deux et aura un précipité. Ça peut ne pas être une pluie, parce que il y a la pluie, y a la brune et y a le brouillard, ce sont des précipités, ce sont des gouttelettes qui se produisent même-si elles ne sont pas très grandes pour constituer une pluie ruisselante. Les précipitations peuvent-être abondantes, moins abondantes tout comme elles peuvent-être régulières et irrégulières au niveau d’une zone d’un temps d’une région bien définie. Elles peuvent se précipiter à Kankan dans un quartier et ne pas atteindre toute la ville, il peut aussi avoir précipitation à Mandiana au bord de la route tandis que le profond du village il n’y a rien eu et à Kankan il n’y a rien elle peut être abondante à Kérouané et ne pas être abondante à Kouroussa, elle peut être abondante à Siguiri et sauté Kankan complètement, ça dépend de la direction et la vitesse du vent dans un moment bien défini ».
AGP/27/01/023 MKK/AND




