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Kankan : le gombo, nouvel or vert des villages de Djalafarani et Kouré

Publié le

Kankan, 20 août (AGP)-Dans les villages de Djalafarani et de Kouré, situés dans la région de Kankan, la culture du gombo s’impose progressivement comme une activité économique majeure, offrant une alternative durable aux populations rurales touchées par la disparition du karité.

Sur les terres arides de ces localités, hommes et femmes s’organisent pour tirer le meilleur de cette culture maraîchère, malgré des conditions de production souvent difficiles. La saison actuelle voit un regain d’activité dans les champs, comme en témoigne ce producteur local, occupé à désherber son terrain :
« Après avoir coupé et brûlé les mauvaises herbes, nous labourons et semons. J’ai débuté cette culture l’an dernier et les résultats ont été très encourageants », confie-t-il avec optimisme.

Une culture féminisée et adaptée

Dans les concessions, les femmes jouent un rôle central. Elles exploitent de petits lopins derrière leurs habitations, protégeant leurs cultures avec des enclos de fortune fabriqués à partir de bois récolté localement.
« Avant la sécheresse, nous coupons les branches pour construire les clôtures. C’est un travail que nous faisons en parallèle des autres tâches agricoles pour ne pas être surprises par la saison des pluies », explique l’une d’entre elles.

La floraison du gombo débute après le binage, étape durant laquelle les engrais sont appliqués pour stimuler la production. Cependant, les ravageurs restent un défi de taille.
« Une fois que les plants fleurissent, nous appliquons un engrais blanc. Les fleurs, qui ne durent qu’une journée, donnent des gombos au bout de trois jours. Mais les insectes les attaquent régulièrement, d’où l’usage systématique d’insecticides. Il y a aussi une maladie qu’on appelle Golo, qui fait se refermer les feuilles et menace toute la plantation », alerte un cultivateur.

Une reconversion forcée, mais porteuse

Face à la destruction massive des arbres à karité par des chenilles, les communautés ont été contraintes de se réinventer. Le gombo est ainsi devenu un pilier économique.
« Le beurre de karité que produisaient nos femmes a disparu. Aujourd’hui, grâce au gombo, certains récoltent jusqu’à 100 sacs, ce qui peut rapporter entre 15 et 20 millions de francs guinéens. Même ceux avec de petites surfaces gagnent entre 3 et 5 millions. C’est notre principale source de revenu », assure un habitant de Kouré.

Appel à l’aide face au manque d’intrants

Malgré cet essor, la campagne agricole actuelle est menacée par la pénurie d’intrants. Engrais, pesticides et accompagnement technique font cruellement défaut.
« Nous utilisons l’engrais MKP, mais on nous propose de l’urée à Kankan, ce qui n’est pas adapté. Nous demandons l’aide des autorités et des agronomes pour faire face aux chenilles et aux insectes souterrains qui détruisent nos cultures », lancent les agriculteurs, inquiets.

Un avenir prometteur… sous conditions

Aujourd’hui, près de 70 % des habitants de Djalafarani et Kouré vivent de la culture du gombo. Si elle continue de générer des revenus significatifs et de structurer l’économie locale, sa pérennité dépend désormais du soutien institutionnel et d’un meilleur accès aux moyens de production.

AGP/08/025             MKK/MKC/AND

 

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