Kouroussa, 11 juin 2026 (AGP) – Sous un soleil accablant, Moustapha Keïta, 12 ans, sillonne les rues de Kouroussa avec un récipient rempli de tranches d’ananas.
Alors que ses camarades profitent des vacances scolaires pour se reposer ou s’adonner à des activités récréatives, le jeune garçon consacre ses journées à la vente ambulante afin de participer au financement de sa prochaine rentrée scolaire. Originaire du quartier Doula, dans la commune urbaine de Kouroussa, Moustapha séjourne actuellement dans une famille d’accueil.
Chaque jour, il parcourt les marchés, les carrefours et les lieux publics de la ville à la recherche de clients. Une activité qui lui prend plusieurs heures et qui l’expose aux difficultés de la rue, loin du cadre de détente que représentent habituellement les vacances pour les enfants de son âge. « Je vends l’ananas pour aider à préparer ma rentrée scolaire », confie-t-il timidement, tout en poursuivant sa tournée auprès des passants. À travers le cas de Moustapha, c’est une réalité plus large qui se dessine. Dans plusieurs localités du pays, de nombreux enfants sont engagés dans de petites activités génératrices de revenus durant les congés scolaires.
Si certaines familles considèrent ces occupations comme un moyen d’apprentissage de l’effort et de la responsabilité, d’autres voix y voient une forme de travail précoce susceptible de compromettre le bien-être et l’épanouissement des mineurs. Pour des acteurs de la protection de l’enfance, les vacances devraient avant tout constituer une période de repos, de loisirs et de récupération après une année scolaire souvent exigeante. Ils estiment que les enfants ne devraient pas être soumis à des activités économiques susceptibles d’affecter leur santé, leur sécurité ou leur développement.
Cette situation soulève également la question de la précarité de certaines familles, qui peinent à faire face aux dépenses liées à la scolarisation de leurs enfants. Entre frais d’inscription, fournitures scolaires et autres charges éducatives, de nombreux ménages recherchent des solutions alternatives pour préparer la rentrée. Face à cette réalité, plusieurs citoyens rencontrés à Kouroussa appellent à un renforcement des actions de sensibilisation en faveur de la protection des enfants ainsi qu’à un accompagnement accru des familles vulnérables.
Pour eux, garantir à chaque enfant des vacances sereines et un accès équitable à l’éducation demeure un défi majeur pour les communautés et les pouvoirs publics. L’histoire de Moustapha Keïta, loin d’être un cas isolé, rappelle l’urgence de concilier solidarité familiale, protection de l’enfance et droit à l’éducation afin que les vacances scolaires restent une période d’épanouissement plutôt qu’une nécessité économique
AGP/11/06/026 MFK/FM/AND




