Washington, DC – 29 septembre 2025 : Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la consultation au titre de l’article IV pour le Royaume d’Eswatini. [1]
La croissance économique de l’Eswatini est passée de 3,4 % en 2023 à 2,8 % en 2024.
Français L’inflation de l’IPC a décéléré en 2024 pour atteindre une moyenne de 4 %, grâce à la baisse des coûts du logement et des services publics ainsi que des prix des aliments et des boissons. Alors que l’excédent du compte courant extérieur a diminué à 1,3 % du PIB en 2024, contre 2,4 % du PIB l’année précédente, les réserves internationales brutes à fin 2024 sont restées légèrement inférieures à la mesure d’adéquation des réserves du FMI. Le déficit budgétaire global s’est creusé à 1,3 % du PIB en 2024, contre 0,7 % du PIB l’année précédente, malgré des recettes historiquement élevées de l’Union douanière d’Afrique australe. Alors que la dette publique est restée modérée à 39,2 % du PIB au cours de l’exercice 2024/25, l’Eswatini est confronté à des coûts d’emprunt plus élevés que les pays voisins, reflétant probablement une prime de risque plus élevée.
L’Eswatini est confronté à des défis économiques et sociaux. Le chômage atteint 34 %, et celui des jeunes atteindra 58 % en 2023. Les inégalités de revenus sont parmi les plus élevées d’Afrique subsaharienne, contribuant à un taux de pauvreté de 59 % en 2023. Les résultats en matière de santé sont inférieurs à ceux des pays à revenu intermédiaire.
Français La croissance devrait atteindre respectivement 4,3 % et 4,6 % en 2025 et 2026, tirée par des projets d’investissement publics et privés financés par le pays. Avec l’affaiblissement de l’impulsion donnée par ces investissements et en l’absence de réformes structurelles décisives, la croissance devrait ralentir à 2,8 % à moyen terme. L’inflation annuelle moyenne de l’IPC devrait légèrement baisser en 2025 pour s’établir à 3,5 %, mais devrait augmenter légèrement en 2026 en raison des hausses négociées des tarifs de l’électricité. Les risques qui pèsent sur les perspectives sont orientés à la baisse. Les principaux risques à la baisse incluent un ralentissement de la croissance mondiale, en particulier s’il touche l’Afrique du Sud, ainsi qu’une augmentation significative des prix du pétrole. Les risques à la hausse incluent une accélération de la croissance mondiale, une augmentation des IDE et une mise en œuvre des investissements meilleure que prévu.
Évaluation du conseil d’administration [2]
Les administrateurs ont salué l’amélioration des perspectives économiques à court terme malgré un contexte mondial difficile, tout en notant que l’Eswatini continue de faire face à de graves défis économiques et sociaux. Dans ce contexte, ils ont souligné l’importance de maintenir des politiques macroéconomiques prudentes et d’accélérer les réformes structurelles profondes, avec l’appui d’une assistance technique, afin de favoriser une croissance plus forte, inclusive et tirée par le secteur privé.
Les administrateurs ont soutenu le plan d’assainissement budgétaire et l’engagement des autorités à contenir la dette publique et à alléger les pressions sur le financement de l’État, soulignant la nécessité d’une discipline budgétaire compte tenu de la volatilité des recettes de l’Union douanière d’Afrique australe. Ils ont appelé à un renforcement de la mobilisation des recettes intérieures et à des réformes de la fonction publique et des entreprises publiques afin de contenir la dette publique et de dégager des marges de manœuvre pour les dépenses sociales et de développement. Les administrateurs ont salué les réformes en cours dans la gestion des finances publiques et ont recommandé de les accélérer afin d’améliorer l’efficacité des dépenses et des investissements publics, de réduire les arriérés et de limiter les transferts aux entreprises publiques.
Les administrateurs ont salué la réduction de l’écart de taux d’intérêt avec la Banque de réserve sud-africaine (SARB), qui contribue à endiguer les sorties de capitaux et à soutenir le régime de change fixe. À l’avenir, ils ont appelé à un calibrage rigoureux du taux directeur par rapport à celui de la SARB, au renforcement des réserves de change et à la modernisation du cadre de politique monétaire. Ils ont également recommandé de renforcer l’indépendance de la banque centrale et de limiter ses avances de trésorerie au gouvernement afin de réduire la pression sur les réserves de change.
Les administrateurs ont salué les initiatives en cours dans le secteur financier pour mettre en œuvre les recommandations de l’Examen de la stabilité du secteur financier. Ils ont souligné l’importance de mettre à jour la législation relative à la surveillance du secteur financier et de rendre opérationnels le dispositif d’aide d’urgence à la liquidité et le système de garantie des dépôts.
Afin de stimuler la croissance indispensable tirée par le secteur privé et de créer des emplois, les administrateurs ont recommandé d’améliorer le climat des affaires et de combler les déficits de compétences et d’infrastructures. Ils ont salué les progrès réalisés dans le renforcement des cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de gouvernance et ont appelé à la poursuite des efforts. Les administrateurs ont également encouragé de nouvelles mesures visant à améliorer la qualité et l’actualité des données.
Source: FMI




