Le gouvernement nigérian a convoqué le chef de la diplomatie sud-africaine à Abuja suite aux attaques perpétrées contre des étrangers dans le pays, a annoncé samedi le ministère des Affaires étrangères.
L’Afrique du Sud, l’économie la plus industrialisée du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière.
Mais, confrontée à un taux de chômage de plus de 30 %, elle a connu des flambées répétées de manifestations xénophobes et anti-migrants, y compris une recrudescence des violences ces dernières semaines.
Le haut-commissaire par intérim d’Afrique du Sud à Abuja doit rencontrer lundi des responsables nigérians pour discuter des « cas documentés de mauvais traitements infligés à des citoyens nigérians et d’attaques contre leurs entreprises », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kimiebi Imomotimi Ebienfa.
Cette convocation intervient une semaine après que le ministère ghanéen des Affaires étrangères a convoqué le haut-commissaire par intérim d’Afrique du Sud à Accra suite à plusieurs « incidents xénophobes » visant des Ghanéens.
Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a évoqué un incident survenu dans la province sud-africaine du KwaZulu-Natal, au cours duquel un Ghanéen, « résident légal, a été confronté… (et) sommé de quitter l’Afrique du Sud et de « régler les problèmes de son pays » ».
Le communiqué mettait également en garde contre « l’escalade des tensions, et conseillait aux ressortissants étrangers, y compris aux Ghanéens, de rester chez eux pour leur sécurité ».
L’Afrique du Sud compte plus de trois millions d’étrangers, soit 5,1 % de la population, selon l’agence statistique.
Plus de 63 % proviennent de pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), un bloc de 16 membres.
La semaine dernière, le ministre de la Police par intérim d’Afrique du Sud a condamné les violences anti-immigrés, déclarant que les attaques contre les ressortissants étrangers étaient « illégales » et violaient les valeurs constitutionnelles du pays, à savoir la dignité et l’égalité.
« Les actes de xénophobie, de violence, de pillage ou d’intimidation ne seront tolérés en aucune circonstance », a déclaré Firoz Cachalia dans un communiqué.
« La police a reçu pour instruction d’agir avec fermeté et sans hésitation face à ces incidents », a-t-il ajouté.
AFP




