Conakry, 31 Juil (AGP)- Fanka Oularé, substitut du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance(TPI)de Dixinn, a requis ce jeudi, 30 juillet 2026, 3 ans de prison contre Haby Diallo en service aux impôts pour des faits d’enlèvement d’enfant au CM de Ratoma, le 1er octobre 2024.
Il a ensuite requis l’acquittement pure et simple pour la sage-femme, Fatoumata Condé pour délits non constitués à son encontre dans cette affaire et un an de prison dont 6 mois assortis de sursis et au paiement 2 millions de francs guinéens contre les sages-femmes, Djenab Diallo et Kadiatou Bangoura.
A rappeler, que les deux sages-femmes Djenab Diallo et Kadiatou Bangoura, toutes en service au centre de santé ‘’Flamboyant’’ sont respectivement poursuivies pour « complicité et faux en écriture publique ».
Dans les débats, les deux sages-femmes ont plaidé coupables des faits qui leurs sont reprochés avant de demander pardon à la victime, Makalé Soumah. Cependant Fatoumata Condé, sage-femme à la clinique Fotoba a clamé son innocence dans cette affaire depuis l’enquête préliminaire.
Pour rappel, après avoir perdu son mari avec qui, elle a eu un enfant, Haby Diallo a décidé de satisfaire les desideratas de son mari et de la famille de ce dernier pour préserver son second foyer, mais malheureusement pour elle, ces faits ne justifient pas son comportement.
Selon elle, c’est en 2013, elle a eu son enfant avec son défunt mari mais pour son second foyer, elle a fait 3 fausses couches.
Répondant à une question du président du tribunal, Haby Diallo, a déclaré que l’enfant a passé deux semaines avec elle et il se nourrissait du lait appelé « Nan » avant d’ajouter que son mari avait fait le baptême de l’enfant.
« J’ai fait une fausse couche au 5ème mois de ma grossesse mais je n’ai pas informé mon mari vu que je tenais à lui faire un enfant》, a-t-elle révélé avant d’ajouter que c’est pendant cette procédure que son mari a su que ce n’était pas son enfant
Pour la commission de l’infraction, Haby Diallo explique en ces termes : « Je suis allée à la clinique Fotoba où travaille Fatoumata Condé, j’ai pris son numéro de téléphone avec une de ses collègues. C’est ainsi je suis rentrée en contact avec elle pour discuter de l’enlèvement. Sur ce, elle m’a orientée à Ratoma où elle qualifiait le système sécuritaire de défaillant. Le 1er octobre 2024, j’ai procédé à l’enlèvement de cet enfant au CMC de Ratoma》.
Ajoutant en substance, qu’elle n’aurait pas pu enlever cet enfant si elle ne bénéficiait pas le concourt de Fatoumata Condé.
Des propos que Fatoumata Condé a rejeté d’un revers de la main. Selon elle, Haby Diallo a été dans son lieu de travail le 10 septembre, et le 1er octobre de la même année, elle l’appelle pour lui dire qu’elle a accouché.
Ainsi, je me suis rendue chez elle à Kiroty où elle m’a dit qu’elle a été assistée pour son accouchement par une vieille dame et puis j’ai rempli son carnet et je lui ai donné rendez-vous dans ma clinique pour le reste, mais malheureusement elle n’a pas été.
Pour ce qui est de la grossesse de Haby Diallo contractée fin décembre 2024, l’avocat de la partie civile, a dit qu’il n’y avait aucune grossesse vu qu’il n’y a aucune pièce qui l’atteste versée dans ce dossier.
La sage-femme Djenab Diallo, sœur de l’accusée poursuivie pour complicité a déclaré : « Ma sœur m’a appelée pour me dire qu’elle a perdu la déclaration de naissance de son enfant, je lui ai dit d’aller là où, elle a accouché elle peut l’avoir. Elle a insisté qu’elle veut que ça soit à Ratoma et finalement j’ai mis ma collègue, Kadiatou Bangoura à contribution pour obtenir ce document ».
Quant à Kadiatou Bangoura, poursuivie pour faux en écriture publique, elle a plaidé coupable avant d’expliquer les démarches qu’elle a entreprises pour l’obtention de l’extrait de naissance de l’enfant.
A la barre, la victime Makalé Soumah née en 1994 et marchande de profession, a déclaré avoir porté plainte contre Haby Diallo pour l’avoir volée son enfant.
« Elle était assise sur le lit. Elle a dit Makalé où est Hodiya qui est ma belle-sœur. Puis elle m’a dit que ce sont eux qui corrigent les anomalies liées à la langue des enfants. C’est ainsi, elle a envoyé l’enfant au niveau du pied du lit. Après quelques instants, ma sœur est venue demander où est l’enfant ? Je lui dis de fouiller là-bas mais en vain. Et pourtant pendant le pansement de nos plaies, le médecin avait demandé à tout le monde de libérer la salle mais elle, elle est restée là》, a-t-elle expliqué avant d’ajouter que lorsque cela s’est produit, j’ai dit je ne bougerais pas sans mon enfant et je suis restée-là pendant 2 semaines.
Il faut par ailleurs rappeler que Djenab Diallo et Kadiatou Bangoura avait participé au baptême de l’enfant. Le verdict est attendu ce vendredi 31 juillet 2026
AGP/31/07/026 TB/MKC/AND




