N’Zérékoré, 06 Aout (AGP)- Au Centre artisanal de N’Zérékoré, les coups de pinceau d’Antony Théa donnent vie à des tableaux, enseignes et œuvres décoratives qui attirent les regards des visiteurs. Peintre décorateur de profession, cet artisan affirme n’avoir jamais fréquenté une école des arts.
Selon lui, son talent est avant tout « un don de Dieu ».
« Je crois que depuis mon enfance, lorsque j’allais à l’école, c’est en ce moment que j’apprenais à faire des croquis. Et comme j’étais appliqué au dessin, chaque fois mon maître me faisait passer au tableau en cas de besoin de croquis. C’est moi qui dessinais pour tout le monde. Je ne suis pas allé à l’école des arts pour apprendre, mais c’est un don réellement que Dieu m’a donné », a-t-il dit.
Aujourd’hui, Antony Théa exerce son métier avec fierté et estime que la peinture lui a permis de bâtir sa vie.

« Je suis très fier parce que le pinceau même m’a dit un jour que je lui reste fidèle, il garantirait ma vie. »
À travers son parcours, l’artisan lance un message à la jeunesse guinéenne. Il invite les jeunes à apprendre un métier plutôt que de sombrer dans l’oisiveté.
« Je lance l’appel à tous les jeunes aujourd’hui. Comme peut-être nous ne sommes pas considérés, parce que l’art n’est pas considéré, mais c’est un bon métier. Quand tu as ce métier, au lieu d’aller passer toute la journée dans les cabarets, dans les kiosques, à raconter beaucoup d’histoires, ça va au moins t’aider à évoluer, t’aider dans la famille, t’aider à faire beaucoup de choses. »
Malgré les satisfactions que lui procure son activité, Antony Théa explique que son principal obstacle reste le manque de matières premières et de moyens financiers pour développer son entreprise.
« Les difficultés seulement, je n’ai pas de matière première pour beaucoup de produits. Tout ce que j’ai fait, se limite là seulement. Je lance l’appel afin que vraiment les ONG puissent m’aider à avoir un fonds d’appui pour qui me permettra d’acquérir en gros la matière première qui se trouve souvent dans les marchés. J’ai l’idée aussi de créer une petite école pour apprendre les enfants, mais je n’ai pas les moyens ».
Convaincu de la qualité de son travail, Antony Théa estime que ses réalisations se distinguent par leur originalité et nourrit de grandes ambitions pour son art.
« Mon art est beaucoup aimé, parce que mes traces pour les autres ne sont pas les mêmes. Je veux réellement qu’on m’aide à produire beaucoup. Je peux fournir toute la République de Guinée en matière de peinture, aller participer à des foires nationales, même internationales, mais je n’ai pas les moyens », a-t-il déploré.
À travers son parcours, Antony Théa incarne l’exemple d’un artisan qui, grâce à un talent qu’il considère comme un don divin, a su transformer sa passion en profession. Son souhait est désormais de bénéficier d’un accompagnement lui permettant d’accroître sa production, de former la relève et de faire rayonner le savoir-faire artisanal de N’Zérékoré au-delà des frontières guinéennes.
AGP/06/08/026 MLK/CM/AND




