Conakry, 19 avr. (AGP)- Elhadj Nouhou Barry, marchand de profession a comparu ce lundi, 17 avril 2023, au tribunal de Dixinn, délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’Appel de Conakry, en son audience criminelle pour livrer sa part de vérité dans cette affaire qui a endeuillé beaucoup de familles en Guinée.
A la barre, Elhadj Nouhou Barry a soutenu que son frère aîné a été abattu à bout portant par des bérets rouges au stade annexe pendant qu’il cherchait à se sauver des balles des militaires qui étaient venus pour ‘’corriger’’ les militants des forces vives de la nation qui avaient bien voulu répondre à l’appel de leurs leaders au Stade du 28 septembre contre une éventuelle candidature de l’ex-président de la transition, le capitane Moussa Dadis Camara.
« Nous sommes rentrés au Stade aux environs de 9 heures 30 minutes. Mon grand frère qui vivait aux Etats unis depuis 15 ans, aidait les manifestants à trouver de la place où s’asseoir pour écouter les discours de leurs leaders qui étaient déjà installés à la tribune », a-t-il expliqué avant d’ajouter que l’ambiance était bon enfant dans ce temple de jeu.
Malgré la présence massive des militants des forces vives de la nation et de leurs leaders au Stade, les forces de défense et de sécurité ne se sont gênées à ouvrir le feu sur eux, déclare Elhadj Nouhou Barry.
« Dès qu’ils ont commencé à tirer sur les gens, j’ai dit à mon neveu que chacun cherche à se sauver. C’est ainsi, mon frère Amadou Oury m’a dit de ne pas l’abandonner dans ces lieux parce qu’il est malade. On voulait sortir par le portail, mais malheureusement les bérets rouges tiraient sur les gens et mon frère et moi, sommes allé vers la piscine Marocana, et là, ils avaient électrifié les issues. Finalement, nous sommes allés vers l’annexe, où il m’a dit qu’ils ont tirés sur lui avant de rendre l’âme, et moi, je me suis passé d’un mort pour m’échapper », a-t-il indiqué devant le tribunal.
Ne voulant pas abandonner le corps de son aîné dans ces lieux, selon lui, il l’a trainé jusqu’à un niveau où il a rencontré des bérets rouges qui l’ont bastonné et finalement, il a perdu quatre (04) dents et son bras a été fracturé avant d’être admis d’urgence à l’hôpital Donka par la Croix Rouge. Ne se sentant pas en sécurité, il a été de nouveau admis à la clinique mère et enfant où il a bénéficié des soins.
Pour clore son intervention, il a demandé au tribunal de l’aider afin qu’il puisse poursuivre ses soins.
Il faut par ailleurs noter que finalement le corps de son grand frère n’a jamais été retrouvé.
AGP/19/04/023 TB/FDF/ABD




