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Yomou: Le pont de lianes de Gaoula, un patrimoine ancestral entre mystère, tradition et utilité communautaire

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Yomou, 03 Août 2026 (AGP) – L’histoire des ponts de lianes, ouvrages traditionnels et sacrés, s’articule autour de récits ancestraux, de techniques de tissage uniques et d’un rôle essentiel dans la liaison entre les villages.

Selon la tradition orale, le secret de leur fabrication aurait été transmis aux anciens par une araignée géante nommée Tonin, qui leur aurait enseigné l’art de tresser les lianes au-dessus des rivières, à l’image de sa toile. Depuis lors, ce savoir-faire est jalousement conservé et transmis de génération en génération.

Ces ponts historiques sont réalisés exclusivement par des initiés. Selon les croyances locales, leur construction s’effectue en une seule nuit, à l’abri des regards, sans l’utilisation de clous ni de pièces métalliques.

Au fil des siècles, ces passerelles ont permis de répondre aux besoins vitaux des populations en reliant des rives séparées par d’importants cours d’eau, notamment le fleuve Oulé. Elles facilitent les activités agricoles, les échanges commerciaux ainsi que les déplacements des habitants en toute sécurité.

Le pont de lianes de Gaoula, situé dans le district de Lonhodia, relevant de la commune rurale de Bowé, dans la préfecture de Yomou, demeure l’un des sites les plus emblématiques de ce patrimoine. Toujours en service, il est exclusivement réservé aux piétons et permet aux habitants de Gaoula ainsi qu’aux communautés voisines d’accéder à leurs plantations ou de rejoindre rapidement la ville de N’Zérékoré par un itinéraire plus court.

Long d’environ 25 mètres, cet ouvrage fait l’objet d’une réhabilitation tous les deux ans, notamment lorsque la montée des eaux du fleuve fragilise sa structure. Son entretien est accompagné de rites traditionnels stricts, témoignant de son caractère sacré.

Cependant, les populations de Lonhodia sont aujourd’hui confrontées à une difficulté majeure : la raréfaction des forêts et des îlots forestiers, conséquence de la pression exercée sur les ressources naturelles. Cette situation complique considérablement l’approvisionnement en lianes indispensables à la reconstruction du pont.

Selon les sages de la localité, les lianes adaptées à cet ouvrage ne se trouvent désormais que dans la forêt sacrée de feu Karamo Amara Koulapah Kpoghomou, située à Bamakama, un espace préservé qui constitue aujourd’hui la principale source de cette ressource naturelle.

Face à ces défis, les communautés locales appellent à la préservation des forêts sacrées afin d’assurer la pérennité de ce patrimoine culturel exceptionnel, symbole du génie traditionnel et de l’identité des peuples de Yomou.

AGP/03/08/026               AD/AND

 

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